Modèle de bulletin de paie conforme au Burkina Faso : mentions obligatoires et exemple commenté
Dernière mise à jour : Février 2026
Le bulletin de paie est le document que tout employeur au Burkina Faso doit remettre à chaque salarié lors du versement de son salaire. Il détaille l’ensemble des éléments de rémunération, les retenues obligatoires et le net à payer. Pourtant, de nombreuses PME produisent encore des bulletins incomplets ou non conformes, s’exposant à des litiges avec leurs salariés et à des redressements lors des contrôles de l’inspection du travail.
Ce guide vous présente les mentions obligatoires, un modèle commenté ligne par ligne, et les erreurs courantes à éviter.
Ce que dit la loi
Le bulletin de paie est encadré par la Loi n°028-2008/AN du 13 mai 2008 portant Code du travail au Burkina Faso, notamment ses articles relatifs au paiement du salaire (articles 182 à 201).
L’employeur est tenu de remettre au salarié, à chaque paie, un document détaillant la composition de sa rémunération. Ce document doit permettre au salarié de vérifier le calcul de son salaire et de justifier de ses droits (CNSS, impôts, congés, ancienneté).
Par ailleurs, la Convention collective interprofessionnelle du Burkina Faso (1974) précise que le bulletin de paie doit comporter des mentions suffisantes pour garantir la transparence de la rémunération.
Les mentions obligatoires du bulletin de paie
Tout bulletin de paie conforme au Burkina Faso doit comporter au minimum les informations suivantes :
Identification de l’employeur
- Raison sociale et adresse de l’entreprise
- Numéro d’immatriculation CNSS employeur
- Numéro IFU (Identifiant Financier Unique)
- Activité de l’entreprise
Identification du salarié
- Nom et prénoms
- Numéro matricule interne
- Numéro d’immatriculation CNSS du salarié
- Emploi occupé et catégorie professionnelle
- Date d’embauche
- Situation familiale et nombre de personnes à charge (pour le calcul de l’IUTS)
Période et éléments de rémunération
- Période de paie (mois concerné)
- Nombre de jours ou d’heures travaillés
- Salaire de base
- Prime d’ancienneté (le cas échéant)
- Indemnités (logement, transport, fonction…)
- Primes et gratifications
- Heures supplémentaires (nombre, taux, montant)
- Avantages en nature (évalués conformément à l’arrêté n°2023-0017)
- Total brut
Retenues obligatoires
- CNSS part salarié (5,5 %) — cotisation pension, calculée sur le salaire plafonné à 800 000 FCFA
- IUTS (Impôt Unique sur les Traitements et Salaires) — retenue à la source, barème progressif
- FSP (Fonds de Solidarité pour la Paix) — contribution de 1 % du salaire net avant FSP
- Autres retenues éventuelles (avances, prêts, cessions volontaires)
Charges patronales (pour information)
- CNSS part employeur (16 %) — pensions 8,5 %, risques professionnels 1,5 %, prestations familiales 6 %
- TPA (Taxe Patronale et d’Apprentissage) — 3 % du salaire brut
Montants récapitulatifs
- Salaire net imposable
- Salaire net à payer
- Date de paiement
- Mode de paiement (virement bancaire, Mobile Money, chèque)
Modèle de bulletin de paie commenté
Voici un exemple complet pour une salariée de catégorie employé, mariée, 2 enfants à charge (soit 3 charges familiales : conjoint + 2 enfants), avec un salaire de base de 250 000 FCFA.
En-tête
| Entreprise | EXEMPLE SARL |
| Adresse | 01 BP 1234 Ouagadougou 01 |
| N° CNSS employeur | 12345-A |
| N° IFU | BF-00012345 |
| Période | Février 2026 |
| Salarié | OUÉDRAOGO Aminata |
| Matricule | EMP-042 |
| N° CNSS salarié | 67890 |
| Emploi | Assistante administrative |
| Catégorie | Cat. 4, Échelon A |
| Date d’embauche | 15/03/2022 |
| Situation familiale | Mariée, 2 enfants |
Gains
| Élément | Base | Taux/Montant | Montant (FCFA) |
|---|---|---|---|
| Salaire de base | 173,33 h | — | 250 000 |
| Prime d’ancienneté | 4 ans | 4 % | 10 000 |
| Indemnité de logement | — | — | 30 000 |
| Indemnité de transport | — | — | 20 000 |
| Prime de rendement | — | — | 15 000 |
| Total brut | 325 000 |
Retenues salarié
| Retenue | Base | Taux | Montant (FCFA) |
|---|---|---|---|
| CNSS — Pension (part salarié) | 325 000 | 5,5 % | 17 875 |
| IUTS | Selon barème | Progressif | 16 533 |
| FSP (Fonds de Solidarité pour la Paix) | 290 592 | 1 % | 2 906 |
| Total retenues | 37 314 |
Charges employeur (pour information)
| Cotisation | Base | Taux | Montant (FCFA) |
|---|---|---|---|
| CNSS — Pensions | 325 000 | 8,5 % | 27 625 |
| CNSS — Risques professionnels | 325 000 | 1,5 % | 4 875 |
| CNSS — Prestations familiales | 325 000 | 6 % | 19 500 |
| TPA | 325 000 | 3 % | 9 750 |
| Total charges employeur | 61 750 |
Récapitulatif
| Montant (FCFA) | |
|---|---|
| Total brut | 325 000 |
| Total retenues salarié | 37 314 |
| Net à payer | 287 686 |
| Coût total employeur | 386 750 |
| Mode de paiement | Virement bancaire |
Comment est calculé l’IUTS
L’IUTS est l’impôt sur le revenu des salariés au Burkina Faso. Son calcul suit plusieurs étapes :
Étape 1 : Déterminer le revenu brut imposable
On part du total brut, auquel on soustrait la cotisation CNSS pension (part salarié), dans la limite de 8 % du salaire de base (limite fiscale prévue par l’article 111 du CGI).
Dans notre exemple : CNSS salarié = 17 875 FCFA, limite fiscale (8 % × 250 000) = 20 000 FCFA. On retient 17 875 FCFA (le montant le plus faible). Revenu brut imposable = 325 000 – 17 875 = 307 125 FCFA.
Étape 2 : Appliquer les exonérations
Certaines indemnités sont partiellement exonérées, calculées sur le revenu brut imposable, dans les limites suivantes :
| Indemnité | Taux d’exonération | Plafond mensuel |
|---|---|---|
| Logement | 20 % du revenu brut imposable | 75 000 FCFA |
| Fonction | 5 % du revenu brut imposable | 50 000 FCFA |
| Transport | 5 % du revenu brut imposable | 30 000 FCFA |
Dans notre exemple : exonération logement = 61 425 FCFA, fonction = 15 356 FCFA, transport = 15 356 FCFA. Total exonérations = 92 137 FCFA.
Étape 3 : Appliquer l’abattement forfaitaire
Un abattement pour frais et charges professionnels est déduit, calculé sur le salaire de base :
- 20 % du salaire de base pour les cadres supérieurs et managers
- 25 % du salaire de base pour les autres catégories
Dans notre exemple : 25 % × 250 000 = 62 500 FCFA.
Étape 4 : Calculer la base imposable
Base imposable = Revenu brut imposable – Exonérations – Abattement
Dans notre exemple : 307 125 – 92 137 – 62 500 = 152 487 FCFA (arrondi à l’entier inférieur).
Étape 5 : Appliquer le barème progressif
Le barème IUTS s’applique par tranches sur la base imposable :
| Tranche mensuelle (FCFA) | Taux |
|---|---|
| 0 — 30 000 | 0 % |
| 30 001 — 50 000 | 12,10 % |
| 50 001 — 80 000 | 13,90 % |
| 80 001 — 120 000 | 15,70 % |
| 120 001 — 170 000 | 18,40 % |
| 170 001 — 250 000 | 21,70 % |
| Au-delà de 250 000 | 25 % |
Dans notre exemple, l’impôt brut est de 18 787 FCFA.
Étape 6 : Appliquer la déduction pour charges de famille
L’IUTS brut est réduit selon le nombre de personnes à charge (conjoint + enfants, maximum 4 charges) :
| Nombre de charges | Réduction |
|---|---|
| 1 charge | 8 % |
| 2 charges | 10 % |
| 3 charges | 12 % |
| 4 charges | 14 % |
Dans notre exemple : 3 charges (conjoint + 2 enfants), réduction de 12 % × 18 787 = 2 254 FCFA. IUTS net = 16 533 FCFA.
Le FSP (Fonds de Solidarité pour la Paix)
Le FSP est une contribution instaurée au Burkina Faso, prélevée à la source sur le salaire net (après CNSS et IUTS, avant FSP). Le taux est de 1 %.
Dans notre exemple : net avant FSP = 325 000 – 17 875 – 16 533 = 290 592 FCFA. FSP = 1 % × 290 592 = 2 906 FCFA.
Le net à payer final est donc : 290 592 – 2 906 = 287 686 FCFA.
Les erreurs courantes sur les bulletins de paie
- Omettre le numéro CNSS — le numéro d’immatriculation CNSS de l’employeur et du salarié sont indispensables pour la traçabilité des cotisations
- Ne pas distinguer les indemnités — chaque indemnité doit apparaître sur une ligne séparée pour permettre le contrôle des exonérations IUTS
- Oublier le FSP — la contribution au Fonds de Solidarité pour la Paix doit figurer comme retenue distincte sur le bulletin
- Oublier les charges patronales — même si elles ne sont pas déduites du salaire, les afficher sur le bulletin renforce la transparence et facilite les contrôles
- Mal calculer l’ancienneté — la prime d’ancienneté est fixée par la convention collective (2 % par année au-delà de 2 ans, plafonné selon la catégorie)
- Confondre net imposable et net à payer — le net imposable sert au calcul de l’IUTS, le net à payer est ce que le salarié reçoit effectivement après toutes les retenues (y compris FSP)
- Ne pas conserver les bulletins — l’employeur doit conserver un double des bulletins de paie pendant au moins 5 ans (obligation de conservation des documents sociaux)
Durée de conservation et valeur juridique
Le bulletin de paie a valeur de preuve en cas de litige devant les tribunaux du travail. L’employeur doit :
- Remettre le bulletin à chaque paie (mensuellement pour les salariés payés au mois)
- Conserver un double pendant au minimum 5 ans
- Ne jamais conditionner la remise du bulletin à une signature de l’employé (le bulletin n’est pas un quitus)
Le salarié, de son côté, a tout intérêt à conserver ses bulletins de paie sans limitation de durée — ils serviront pour le calcul de sa pension de retraite CNSS et pour toute réclamation ultérieure.
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Créer un bulletin de paie conforme chaque mois pour chaque salarié prend du temps, surtout quand il faut vérifier les taux CNSS, recalculer l’IUTS avec les bonnes exonérations, appliquer le FSP, et s’assurer que toutes les mentions sont présentes. SIRA RH automatise tout le processus : saisie des éléments variables, calcul automatique des cotisations, de l’IUTS et du FSP, génération de bulletins PDF conformes, et archivage sécurisé.
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Cet article est fourni à titre informatif et ne constitue pas un conseil juridique. Pour toute question spécifique relative à votre situation, consultez un expert-comptable ou contactez directement l’inspection du travail.