Gestion des congés au Burkina Faso : droits, calculs et obligations de l’employeur

Dernière mise à jour : Février 2026

Congés payés, congé de maternité, permissions exceptionnelles, jours fériés… la gestion des congés au Burkina Faso obéit à des règles précises fixées par le Code du travail et la Convention collective interprofessionnelle. Mal maîtrisées, ces règles exposent l’employeur à des litiges, des rappels de salaire et des pénalités. Ce guide fait le point sur tous les types de congés, leur mode de calcul et les obligations de chaque partie.


Les textes de référence

La gestion des congés au Burkina Faso repose principalement sur :


Le congé annuel payé

Principe

Tout travailleur acquiert le droit au congé payé à la charge de l’employeur, à raison de 2,5 jours calendaires par mois de service effectif, soit 30 jours calendaires par an (environ 22 jours ouvrables).

Le droit de prendre effectivement son congé s’ouvre après 12 mois de service continu dans la même entreprise.

Périodes assimilées à du travail effectif

Pour le calcul du congé acquis, ne sont pas déduites les absences suivantes :

Majoration pour ancienneté

La durée du congé est augmentée en fonction de l’ancienneté dans l’entreprise :

AnciennetéJours ouvrables supplémentaires
20 ans+ 2 jours
25 ans+ 4 jours
30 ans+ 6 jours

Majoration pour mère salariée

Les femmes salariées ou apprenties de moins de 22 ans bénéficient de 2 jours ouvrables supplémentaires par enfant à charge.

Organisation du congé


L’indemnité de congé payé

Pendant son congé, le salarié perçoit une allocation de congé égale à la rémunération qu’il aurait perçue s’il avait continué à travailler.

Mode de calcul

L’indemnité de congé payé se calcule sur la base de 1/12 de la rémunération totale perçue pendant la période de référence (12 mois précédant le congé).

La rémunération de référence comprend : le salaire de base, les primes et indemnités régulières, les avantages en nature, et les heures supplémentaires habituelles.

Sont exclus : les remboursements de frais professionnels et les gratifications exceptionnelles.

Indemnité compensatrice

En cas de rupture du contrat de travail (licenciement, démission, fin de CDD) avant que le salarié ait pu prendre son congé, l’employeur verse une indemnité compensatrice de congé correspondant aux jours acquis et non pris.


Le congé de maternité

Durée

La femme enceinte a droit à un congé de maternité de 14 semaines (98 jours), réparti comme suit :

Ce congé peut être prolongé de 3 semaines en cas de maladie résultant de la grossesse ou de l’accouchement, sur certificat médical.

Rémunération

Pendant le congé de maternité, la salariée perçoit :

La CNSS prend également en charge les frais d’accouchement dans les formations sanitaires publiques ou agréées.

Protections


Les permissions exceptionnelles

Des absences payées, non déductibles du congé annuel, sont accordées au salarié à l’occasion d’événements familiaux. Leur durée totale ne peut dépasser 10 jours ouvrables par an, sauf dispositions plus favorables.

Durées prévues par la Convention collective interprofessionnelle

ÉvénementDurée
Mariage du travailleur4 jours
Mariage d’un enfant2 jours
Naissance d’un enfant3 jours
Décès du conjoint5 jours
Décès d’un enfant5 jours
Décès du père ou de la mère3 jours
Décès d’un beau-parent3 jours
Décès d’un frère ou d’une sœur2 jours
Autre membre de la famille (décès)2 jours
Autre membre de la famille (mariage)1 jour

Ces permissions doivent être prises au moment de l’événement. En cas d’événement imprévisible (décès, accouchement prématuré), le salarié doit informer son employeur dans les 3 jours ouvrables.


Le congé maladie

En cas de maladie, le contrat de travail est suspendu pour une durée maximale d’un an, prorogeable jusqu’au remplacement du travailleur. Le salarié doit fournir un certificat médical, généralement dans les 48 heures.

Rémunération pendant le congé maladie

La Convention collective interprofessionnelle prévoit le maintien partiel du salaire selon l’ancienneté :

AnciennetéPlein salaireDemi-salaire
Moins d’un an1 mois3 mois
1 à 5 ans2 mois3 mois
5 à 10 ans3 mois3 mois
10 à 15 ans4 mois4 mois
Plus de 15 ans5 mois5 mois

Au-delà de ces durées, le contrat reste suspendu mais le salarié ne perçoit plus de rémunération.


Les jours chômés et payés

Depuis la loi adoptée le 9 janvier 2026 par l’Assemblée législative de transition, le Burkina Faso compte désormais 11 jours chômés et payés (contre 15 auparavant). Cette loi abroge celle de novembre 2015 portant institution des fêtes légales.

Les 11 jours chômés et payés

Jour chômé et payéDate
Jour de l’An1er janvier
Journée internationale des droits de la Femme8 mars
Fête du Travail1er mai
Journée des coutumes et traditions15 mai
Assomption15 août
Fête nationale11 décembre
Noël25 décembre
AscensionVariable
Maouloud (Naissance du Prophète)Variable
Ramadan (Aïd el-Fitr)Variable
Tabaski (Aïd el-Kébir)Variable

Journées de commémoration et de recueillement (non chômées)

Certaines dates sont désormais des journées de commémoration, mais ne sont plus chômées ni payées :

DateCommémoration
3 janvierSoulèvement populaire
4 aoûtAvènement de la Révolution
5 aoûtProclamation de l’indépendance
15 octobreCommémoration de l’assassinat du Président Thomas Sankara
31 octobreJournée nationale des martyrs
1er novembreFête de l’Armée et Toussaint

Changements majeurs par rapport à l’ancienne loi

Règles applicables


Le congé sans solde

Le congé sans solde n’est pas prévu par le Code du travail mais peut être accordé par l’employeur à la demande du salarié, notamment pour :

Il suspend le contrat de travail. Le salarié ne perçoit pas de rémunération et la période n’est pas prise en compte pour l’ancienneté ni pour le calcul des congés payés.


Obligations de l’employeur

L’employeur a l’obligation de :

  1. Tenir un registre des congés — avec les dates de départ et de retour de chaque salarié
  2. Informer le salarié — au moins 15 jours avant le début du congé
  3. Payer l’allocation de congé — avant le départ en congé ou selon les modalités habituelles de paie
  4. Ne pas rappeler le salarié — sauf circonstances exceptionnelles, et dans ce cas, le reliquat de congé doit être reporté
  5. Ne pas remplacer le congé par une indemnité — le congé doit être effectivement pris (sauf en cas de rupture du contrat)
  6. Respecter les protections spécifiques — maternité, maladie, accident du travail

Les erreurs fréquentes à éviter

  1. Reporter les congés indéfiniment — le congé doit être pris dans les 12 mois, l’employeur ne peut pas accumuler les droits sans fin
  2. Déduire les permissions exceptionnelles du congé annuel — ces permissions sont un droit distinct et ne réduisent pas le congé
  3. Oublier les majorations d’ancienneté — les jours supplémentaires pour ancienneté doivent être ajoutés au compteur
  4. Ne pas payer les jours chômés — les 11 jours chômés et payés sont rémunérés normalement, même pour les salariés payés à l’heure
  5. Licencier pendant un congé de maternité — c’est interdit et entraîne la nullité du licenciement
  6. Calculer l’indemnité de congé sur le seul salaire de base — toutes les primes et indemnités régulières entrent dans le calcul

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Cet article est fourni à titre informatif et ne constitue pas un conseil juridique. Pour toute question spécifique, consultez un expert-comptable, un juriste en droit du travail ou contactez l’inspection du travail de votre ressort.